Coups de cœur pour ce film canadien sur les pratiques policières à Montréal

Zéro tolérance soulève des questions d’actualité auxquelles nous n’avons encore que des ébauches de solutions. La cinéaste d’origine tunisienne, Michka Saäl, s’attaque au phénomène du profilage racial avec le souci de faire valoir une diversité de points de vue.

Tous s’entendent à dire qu’il reste encore beaucoup à faire en vue de changer les mentalités dans l’organisation policière. Les uns préconisent l’embauche de personnes de diverses origines, mieux adaptées à une population multiethnique. Les autres croient qu’il faut préparer les futurs policiers et policières à tenir compte des dimensions psychosociales, plus complexes.

51318_02 Dans ce film, le rap de l’intimidation se chante dans toutes les langues. D’un côté, il y a les jeunes; de l’autre, les forces policières. Deux mondes, deux visions des choses. Sauf que l’un est minoritaire et l’autre exerce le pouvoir. Sauf que l’un est sans voix et l’autre a droit de vie ou de mort. De l’extérieur du corps policier de Montréal comme de l’intérieur, les témoignages de harcèlement se font écho.

Face au cri d’alarme des jeunes et des policiers des communautés culturelles, les représentants de l’ordre demeurent sceptiques. Ils ont l’impression d’être sans cesse critiqués sur la place publique. Au fur et à mesure que notre société évolue, leur rôle est remis en question : nos policiers sont-ils des représentants de la loi chargés d’exercer la répression ou des agents sociocommunautaires sans formation adéquate?

Quand une politique de tolérance zéro face au crime en cache une d’intolérance à l’égard des minorités, surtout des jeunes, c’est l’équilibre fragile entre l’ordre et les libertés individuelles qui se trouve ébranlé. À mi-chemin entre la caméra-réalité et le témoignage, Zéro tolérance est un film coup de poing. De quoi éveiller les consciences et bousculer les idées reçues.


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